Pornographisme, affiches à caractère typographique – Financement participatif, avril/mai 2016

« Quand la loi prend le pas sur la liberté d’expression et la fiscalité devient un moyen d’oppression à l’encontre du cinéma pornographique, les producteurs n’ont pas d’autre choix que de faire profil bas.

Les affiches sur les devantures des salles abandonnent les images trop explicites. Les professionnels du genre troquent alors les formes généreuses de leurs actrices contre des titres tapageurs utilisant un lexique d’un autre temps, portés par des typographies inoubliables et ancrées dans leur époque. Ces affiches très graphiques rendent hommage à ces producteurs et distributeurs qui, s’ils n’avaient pas toujours de gros moyens, ne manquaient pas d’idées. Le poids des mots, le choc des typos… »

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Affiche française -18 de « Voglia di donna »

Voici un projet à ce point cool, que sans même savoir si au final celui-ci nous concernera ou pas nous ne pouvons que plébisciter l’initiative et partager l’info en ces pages. Et ça je crois bien qu’à Chez Roubi’s c’est une toute-première-fois-toutoute, c’est dire… Les plus pointus des gemserophiles d’entre-vous ne peuvent ignorer que certains titres de notre Ô combien Ô sainte gemserographie connurent une exploitation  française, comment dire… Particulière. Les ajouts de scènes hard dans des bandes soft, c’est une chose, on a presque l’habitude depuis qu’on pratique ; mais l’exploitation d’une bande soft à l’origine (donc caviardée comme il se doit) avec la charte graphique d’un 100% hardcore typique francaoui, c’est quand même plus rare en ce qui nous concerne. Pourtant ce fut le cas pour deux de nos titres en particulier : « Chevauchées perverses » alias « Voglia di donna » (1978) de Bottari, et l’excellent « L’infirmière a le feu aux fesses » aka « El periscopio » (1979) de l’espagnol José Ramón Larraz. Il semble qu’il en fût de même pour « Emanuelle queen of Sados » (1980) dans une version française titrée « Secrets érotiques », mais dans une moindre mesure, un très discret élément photographique ornant l’affiche… Donc ça compte pas ! Mais de quoi parlons-nous au juste ? Et bien nous parlons du cultissime numéro « La France Porno » de Paris Match (feat. Sylvia Kristel), nous parlons de l’arlésienne « Emmanuelle l’Antivierge », classé X, puis plus, puis re, et d’un producteur qui paye la cuenta d’une politique de censure qui ne s’assume pas ; nous parlons de la France de la deuxième moitié des années 70, nous parlons de celle des années 80 aussi. Ceci étant, ACHTUNG ! En aucun cas nous ne savons  quels titres, quelles affiches contiendra cet ouvrage ! On dit pas que c’est gemserocompatible, que nenni ! on dit juste que c’est vraiment, vraiment, vraiment cool. Donc si vous voulez participer, si vous voulez ce bouquin chez vous, les infos c’est ci-dessous :

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« Plus qu’une révolution avortée, Mai 68 fut le reflet du bouleversement social qui animait la société française. Une période qui voit vaciller l’ensemble du monde occidental, en remettant en cause ses valeurs et ses mœurs.

Le 26 juin 1974, avec la sortie du film érotique Emmanuelle, le cinéma français connaît l’un de ses plus gros succès cinématographiques avec quelque 45 millions de spectateurs dont 9 millions en France. Le cinéma de fesses connaît alors une croissance exceptionnelle, profitant du flou artistique entourant la législation.

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Avec des moyens souvent limités mais la volonté de transgresser les interdits pour attirer un public de néophytes, ces films rivalisent d’audace. Le sexe non simulé devient monnaie courante. Les salles proposant ce genre de spectacle ont pignon sur rue et se développent beaucoup plus rapidement que les cinémas traditionnels. Ces derniers vont même jusqu’à proposer des séances spéciales le samedi soir pour un public averti que l’on décrit alors assez éclectique. De quoi faire grincer les dents des conservateurs et réveiller finalement des messieurs au plus haut sommet de l’État.

Le président Valéry Giscard d’Estaing et son jeune premier ministre Jacques Chirac à qui l’on reproche un certain laxisme sur la question, ne sont pas pour une interdiction aveugle. Plus pernicieux, ils proposent une taxation sur le genre.

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La classification X voit ainsi le jour et elle est introduite par le décret du 30 octobre 1975 puis par les articles 11 et 12 de la loi du 30 décembre 1975. Cette législation prévoit une taxation plus lourde pour le cinéma porno que celle qui est fixée pour le cinéma dit traditionnel. Il ne peut également prétendre à aucune subvention publique, tout comme les salles qui le diffusent.

Le profil bas étant de rigueur, les affiches sur les devantures des cinémas ne peuvent plus présenter d’images trop explicites. Les producteurs et les distributeurs troquent alors les formes généreuses de leurs actrices contre des titres tapageurs usant d’un lexique d’un autre temps, portés par des typographies inoubliables et bien ancrées dans leur époque. »

Pornographisme, affiches à caractère typographique

Toutes les infos : ICI

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