Archives pour la catégorie Murder Obsession

Murder Obsession – Sept 2019, Filmmuseum (Wien)

Murder Obsession - cap A2

Murder Obsession (Follia Omicida) – Regie : Riccardo Freda; Drehbuch: Antonio Cesare Corti, Riccardo Freda, Fabio Piccioni; Kamera: Cristiano Pogany; Musik: Franco Mannino; Darsteller: Stefano Patrizi, Martine Brochard, Anita Strindberg, Laura Gemser. 1981, 35mm, Farbe, 97 min. Italienisch mit engl. UT

SPIELTERMINE: So 08.09.2019 16:00Mo 07.10.2019 19:00

Der überarbeitete Schauspieler Michael Stanford macht bei den Dreharbeiten zu seinem neuen Horrorfilm fast die Fiktion zur Wirklichkeit und erwürgt in einer Mordszene beinahe seine Partnerin. Um sich zu beruhigen, besucht er seine abgöttisch geliebte Mutter übers Wochenende und bringt die Filmcrew mit. Doch das Elternhaus ist mit einem Trauma verbunden: Als Kind hat er in Trance seinen Vater erstochen. Als die Besucher der Reihe nach ermordet werden, gerät Michael unter Verdacht. Riccardo Freda, der ikonische Regisseur des populären italienischen Nachkriegskinos, versuchte mit dieser un­geliebten und unterschätzten Billigproduktion ein Comeback: eine Meditation über das Böse unter Rückgriff auf die Schauerromantik seiner Proto-Gialli wie Il spettro. Das Familienmelodram als Horror mit okkulten Obertönen, die Budget-Beschränkungen von ästhetischer Selbstreflexion konterkariert. Das letzte Bild von Fredas Werk: eine Höllen-Pietà. (C.H.)

Österreichisches Filmmuseum : Augustinerstraße 1, 1010 Wien (im Gebäude der Albertina) / kontakt@filmmuseum.at / T +43 | 1 | 533 70 54 / Filmmuseum.at : ICI

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Italian Gothic Horror Films, 1980-1989 by Roberto Curti (USA)

Italian Gothic Horror Films, 1980-1989 by Roberto Curti p01

About the book: The Italian Gothic horror genre underwent many changes in the 1980s, with masters such as Mario Bava and Riccardo Freda dying or retiring and young filmmakers such as Lamberto Bava (Macabro, Demons) and Michele Soavi (The Church) surfacing.Horror films proved commercially successful in the first half of the decade thanks to Dario Argento (both as director and producer) and Lucio Fulci, but the rise of made-for-TV products has resulted in the gradual disappearance of genre products from the big screen.This book examines all the Italian Gothic films of the 1980s. It includes previously unpublished trivia and production data taken from official archive papers, original scripts and interviews with filmmakers, actors and scriptwriters. The entries include a complete cast and crew list, plot summary, production history and analysis. Two appendices list direct-to-video releases and made-for-TV films.

About the author: Roberto Curti is an Italian film historian and a contributor to periodicals and to books published in Italy, Great Britain and Spain as well as the United States. He lives in Cortona, Italy.

Details: softcover (7 x 10), 232 pages, 40 photos, appendices, notes, bibliography, index – Copyright Date: 2019 – Imprint: McFarland.

More details at McFarlandbooks.com

 

Anita Strindberg – Biographie

Anita Strindberg était une excellente actrice.
D’une beauté peut-être un peu trop froide pour le marché italien. (Sergio Martino)
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Si l’on éprouve quelque attachement à l’œuvre « testament» de Riccardo Freda « Follia Omicida », c’est en grande partie à la présence de l’énigmatique Anita Strindberg qu’on le doit. Inexplicablement disparue des radars à la suite du presque-fiasco artistique du maitre italien, la suédoise semble à posteriori n’avoir jamais existé tant les informations biographiques à son sujet sont rares … Ce qui est particulièrement regrettable car nous évoquons ici la plus belle gonzesse qu’on ait vu sur un écran depuis 1957.
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Dans son ouvrage thématique « Fantasy Females », Allan Bryce nous apprend en page 153 du délicat chapitre «Swedish Sex Kitten », que la reine jaune fut l’objet d’un article rétrospectif à l’occasion de la sortie de son premier succès italien : « En 1971, un magazine suédois publia un papier sur une certaine Anita Edberg, qui à la fin des années 50, alors qu’elle était encore adolescente, était hôtesse dans un jeu télévisé sur une chaine locale (…) La photo qui illustre l’article est celle du film de Fulci « A Lizard in a Woman’s Skin » et ne laisse aucun doute sur le fait que Edberg et Strindberg sont bien la même personne »(1). En nous basant sur ces allégations et après vérifications de notre part, il s’avère que non seulement Bryce est dans le juste, mais que de surcroit cette information change radicalement la donne biographique de la bombe suédoise ! Car Strindberg n’est plus vraiment une ado à la fin des 50’s : D’après le « Swedish Film Institute », Anita Edberg est née le 19 juin 1937 et a tourné deux film en 1957 (à l’âge de 20 ans, donc) dans son pays natal.
Le premier, «Blondin I Fara » (1957), est plus connu sous son titre américain : « Blondes in bondage ». Anita y fait une apparition éclair : promenant son chien, elle croise le chemin d’un journaliste étasunien venu en Suède afin de faire un reportage sur la vie nocturne locale et qui va se trouver mêlé à une sombre histoire de proxénétisme et de filles camées. Si tout dans cette couillonnade vintage est prétexte à montrer de chouettes nanas dénudées pousser la chansonnette dans un cabaret improbable et à enfiler les clichés sur les mœurs suédoises sans aucun sens de la mesure, l’apparition de Strindberg en tailleur gris, cocker à la pogne, va sans aucun doute faire monter sa côte en flèche auprès des passionnés de frayeurs jaunes. Quoi qu’il en soit, la critique de l’époque, elle, n’a pas vraiment grimpée aux rideaux :
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« Un film complètement déprimant que cette production Américano-suédoise (…) Il est étonnant que l‘on ai pu condenser autant de bêtise à la fois dans les scènes d’action et dans les dialogues. » (2)
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 « Merci , ça faisait un moment qu’on ne s’était pas autant marrés devant un film (…) Quand on pense à cette pauvre toxicomane en manque qui se tord de douleur et qui la scène d’après va prendre un bain dans la chaude nuit d’été suédoise … » (2)
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 « Ce film américain tourné à Stockholm avec des comédiens suédois plus ou moins valables nous permet de découvrir des facettes de la cité que nous ne connaissions vraiment pas, comme les putes et les chausses trappes de la vieille ville et les taxis qui glandent en pleine rue marchande ; mais aussi d’autres choses plus typiquement suédoises comme les bains à poil au clair de lune et nos femmes constamment prêtes à s’envoyer en l’air … « Blondin I Fara » est l’un des pires films de l’année « . (2)
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Le second film de la superbe après ce coup d’éclat a d’évidence d’autres prétentions artistiques, mais se fera malgré tout dézinguer par la critique à sa sortie en Suède et ne sera diffusé que de façon très confidentielle dans son propre pays. Tourné en 1957 mais bizarrement daté de 1959 par le S.F.I, « Sköna Susanna och gubbarna » est inspiré d’un récit apocryphe du livre de Daniel dans la Vulgate (dans le 13e chapitre, sous le titre de Suzanne et les vieillards ou Suzanne et les deux vieillards ou encore Suzanne au bain) et conte l’histoire de Suzanne qui, surprise lors de sa baignade, refuse de céder aux avances de deux vieux lubriques de passage. Mauvais joueurs, ils l’accusent d’adultère et la font condamner à mort. Le jeune prophète Daniel survient, prouve son innocence et fait condamner les vieillards. De fait, Strindberg qui joue le rôle de Suzanne, et apparait sur l’affiche dans un tonneau (!), est à peu près la seule à échapper au feu nourri des critiques qui trouvent la farce grossière et mal menée.
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« Il n’y a aucune raison de douter des bonnes intentions d’Erik Strandmark (Comédien et réalisateur du film : Ndr) mais les bonnes intentions ne suffisent pas. Quand il adapte librement un récit biblique et le mêle au burlesque afin de provoquer les rires des spectateurs c’est avec de grosses ficelles (…) Dans cet éventail de comédiens qui ne savent pas vraiment ce qu’ils jouent, Anita Edberg et Sture Ström (dans le rôle du prophète Daniel) sont les seuls qui tiennent plus ou moins la route.» (2)
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A ce stade il semble essentiel de signaler que sur les affiches d’exploitation françaises et Italiennes du film « Blondin I Fara », le nom Anita EDberg trouve une place de choix malgré sa très courte apparition à l’écran. Il ne fait aucun doute qu’à l’époque les exploitants ont, soit confondus les deux noms, soit sautés au plafond de joie lorsqu’ils ont notés cette presque homonymies avec la future interprète de la Dolce Vita (Anita EKberg), n’ayant aucun scrupule à zapper l’actrice vedette du film (Anita Thallaug) au profit d’EDberg. Ceci pourrait aussi expliquer son changement de patronyme à venir. (Et Allan Bryce d’émettre l’hypothèse que ce soit le nom de l’auteur suédois August Strindberg qui soit à l’origine de son pseudonyme)
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En prenant à nouveau les maigres informations de l’article suédois comme référence, il semblerait qu’Anita soit ensuite partie tenter sa chance en Italie … Nous avons un doute sur ce point précis à cette période, mais c’est tout à fait possible tant l’actrice semble avoir la bougeotte et de multiples envies :

«Je suis peintre mais j’ai aussi été publiciste » Déclare-t-elle en 1976 à un journaliste du magazine Playboy-Italie qui, la prose humide : « Elle a fait le tour du monde avec son appareil photo et son chevalet, visitant la Jordanie, la Syrie, l’Inde, le Japon, les Etats-Unis et l’Afrique lorsqu’elle était photoreporter (!)» (3) ; et un autre d’insister dans un numéro datant de 1973 que : «Maintenant divorcée, elle est installée en Italie depuis quelques années après avoir vécu aux Baléares, mariée à un peintre.» (4)

C’est néanmoins en Espagne que nous la retrouvons à la fin des années 60 : « Je suis née et j’ai vécu en Scandinavie mais le pays que je considère un peu comme « ma deuxième maison », c’est l’Espagne (…) J’ai vécu longtemps en Espagne, à Madrid, et j’y ai toujours pris beaucoup de plaisir … J’ai une fille là-bas, qui est encore petite et qui vit à Madrid où elle étudie dans un pensionnat. Il est donc clair que j’y retourne dès que j’en ai l’occasion. » (5)

La suédoise gère une galerie d’art à Madrid («Les clients affluaient, mais c’était pour me photographier » (4) en parallèle à ses activités de modèle, de mère de famille et a désormais une certaine expérience dans le domaine théâtrale lorsqu’elle décroche un petit rôle dans un proto-Top Gun rital « Forza G », puis dans le über-culte  « A Lizard in a Woman’s Skin » de Lucio Fulci, coproduction Franco-Italo-Ibérique exploitée dans l’hexagone des années plus tard sous le titre (on ne peut plus subtil) de « Les salopes vont en enfer ».
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« Ma carrière a décollée avec  « A Lizard in a Woman’s Skin » (1971). Le plus étrange  c’est qu’à la lecture du script, mon personnage ne semblait pas si important … Mais il prend une toute autre dimension dans le film et je peux dire que ce fut sans aucun doute une expérience décisive pour moi, en tant qu’actrice. Sinon j’aurais pu m’arrêter là. Ce n’est pas un travail auquel je suis viscéralement attachée. » (5)
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C’est le top départ pour la suédoise : En l’espace de quatre ans Strindberg va enchainer une quinzaine de films et devenir une figure régulière du thriller all’italiana, notamment grâce sa belle prestation dans l’épatant « La queue du scorpion » (1971) de Sergio Martino qu’elle retrouve l’année suivante pour «Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé » (1972) avec Edwige Fenech, Luigi Pistilli et le génial Ivan Rassimov. Inspiré d’une nouvelle de Poe (« The black cat ») et dans une moindre mesure des « Diaboliques » de Clouzot, le film a pour principal intérêt une Anita Strindberg qui part en un free-style total de surinvestissement émotionnel à chaque scène et qui, étonnamment, fascine plus qu’elle n’horripile, laissant même un vide flagrant lorsqu’elle n’apparait pas à l’image malgré la présence de cadors du genre à ses cotés. Edberg en a sous le capot et le fait savoir:
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« je ne suis pas toujours satisfaite de ce qu’on me demande de faire … jusqu’à présent j’ai travaillé sur plusieurs films intéressants, soignés, bien dirigés, mais il y a quelque chose … je ne sais pas, en tant qu’actrice je me sens toujours insatisfaite. Je ne pense pas que j’ai vraiment eu la possibilité d’exprimer mon potentiel.» (5)
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De fait, la filmographie de la suédoise est assez atypique. De 1971 à 1974, elle alterne les rôles en tête d’affiche (La queue du scorpion (71), Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé (72), Al tropico del cancro (72), Contratto carnale (73), entre autres) avec des participations de moindre importance, voir complètement anecdotiques dans des films pourtant dignes d’intérêt comme « Qui l’a vue mourir ? » (72) d’Aldo Lado, « Obsédé malgré lui » (72) de Lucio Fulci,  « L’homme sans mémoire » (74) de Duccio Tessari ou encore le séminal « Milano odia: la polizia non può sparare » (74) d’Umberto Lenzi dans lequel, face à Tomas Milian, elle est honteusement sous-exploitée.
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Après lecture de certaines de ses rares interviews, il apparait que Strindberg a des prétentions artistiques que les producteurs italiens avec lesquels elle collabore n’ont pas vraiment l’intention de satisfaire : « En fait, j’ai un peu le sentiment que l’on veut plutôt utiliser mon corps que mon talent (…) je n’aime pas l’idée d’accepter certains rôles faciles où ce qui importe c’est d’attirer le plus grand nombre de spectateurs dans les cinémas. Malheureusement, je dois l’admettre, je pense avoir participé à un certain nombre de films de ce type. (…) Peut-être qu’on n’a pas confiance en moi ou … je ne sais pas, ce n’est pas à moi de le dire.» (5)
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Un film trouve toutefois grâce à ses yeux : «Contratto carnale» (1973). Inédit en France, cette coproduction Italo-ghanéenne réalisée par Giorgio Bontempi semble, à l’époque, ravir l’actrice : « C’est un film qui me satisfait pleinement. Le premier de ma carrière, peut-être (…) Dans « Contratto carnale » si je me déshabille c’est pour les besoins du script. Ces scènes sont inévitables, nécessaires à la bonne compréhension de l’histoire (…) Il s’agit d’un rôle exigeant, difficile, qui implique aussi une certaine nudité. En bref, dans un film comme celui-ci je me sens enfin exploitée pour ce que je suis, en tant que femme et en tant qu’actrice. »(5)
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C’est justement l’exploitation (qu’elle estime quasi-systématique) de son corps à des fins commerciales qui pose problème à Strindberg ; elle aspire à une autre orientation artistique et après de sporadiques apparitions cinématographiques entre 1974 et 1976, va complètement disparaitre des écrans jusqu’en 1980. (Une prise de distance qui coïncide par ailleurs avec le «boom» de la sexploitation transalpine : Ndr)
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« Je voudrais vivre paisiblement, rester à la maison. Je n’ai pas vraiment de vie sociale, les fêtes, les diners … J’aime la vie simple. Je sais que ça peut sembler stupide car aujourd’hui tout le monde dit ça mais, dans mon cas du moins, c’est vrai. (…) J’ai une grande passion pour la lecture. Je m’enferme à la maison pendant de longues périodes et j’enchaine les bouquins. Des livres de toutes sortes. Je m’intéresse à tout, j’aime apprendre. » (5)
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La suédoise au talent brut et aux abdos d’acier réapparaît en 1980 dans une série de films télévisés adaptés d’un roman éponyme de Charles Alianello : « L’eredità della Priora ». Diffusée par la Rai, l’histoire est ambitieuse et se déroule dans le cadre historique de la conquête du royaume des Deux-Siciles par l’armée piémontaise de Savoie  sur fond d’épidémies, d’émeutes, et d’amours contrariés (bref, que du fun !) ; Strindberg qui apparait dans trois épisodes de la saga est ébouriffante de classe et excelle dans des scènes à la théâtralité pourtant casse-gueule.
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Toutefois son retour aux affaires celluloïds est extrêmement bref, hormis sa participation à « La Salamandre », coproduction Italo-anglo-américaine mégalomaniaque de 1981 avec Franco Nero, Anthony Quinn, Christopher Lee, Claudia Cardinale, Eli Wallach et … Sybil Danning ; le mot de sa fin de carrière reviendra à Riccardo Freda par le biais de son très controversé (honnis !) « Murder Obsession », giallo mystique dans lequel elle partage l’affiche avec notre fil rouge javano-batave pour un dernier tour de piste qui, quoi qu’on en pense, ne manque pas de panache pour cette passionnée de sciences occultes :
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« Je porte un grand intérêt à la magie, à l’occultisme. Mais sérieusement, pas pour passer le temps (…) Je participe souvent à des réunions organisées par des personnes qui font des expériences dans ce domaine. Moi-même je m’informe le plus possible sur le sujet (…) La difficulté principale réside dans la capacité de distinguer ce qui est vrai, authentique, du factice, du phantasme absurde. Mais dès que l’on commence à y voir plus clair, je vous garantis qu’on découvre des choses étonnantes. De nouveaux mondes qui ont toujours été à portée de regard mais que nous ne pouvions pas voir … « (5)
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« Un monde nouveau, à portée de regard … », c’est exactement ce à quoi l’on songe en la voyant évoluer, charismatique et dévorante de grâce, dans des films de qualité, certes variable, mais que sa présence, toujours, permet d’évaluer à la hausse.
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A.Roubi & D.Rostand – Mars 2013
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(1) « Fantasy Females » edited by Allan Bryce / Stray Cat Publishing.
(2) Notes critiques du film disponibles via le site du Swedish Film Institute.
(3) Playboy-Italie / Juin 1976.
(4) Playboy-Italie / Août 1973.
(5) Le dive nude / Août 1973
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*L’interview de Sergio Martino est disponible dans la section bonus du dvd « La queue du scorpion » – Edition Neo Publishing.