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Les pastilles Bio de Raymond Lurh (2)

M.FrajeseMarina (Frajese) Lothar : Née à Göteborg en 1944 (ce qui est quand même plus sympa qu’à Berlin l’année d’après), la vie de la suédoise Marina Hedman prend un tournant pour le moins inattendu lorsqu’elle fait la connaissance de l’italien Paolo Frajese, journaliste vedette de la Rai. Hôtesse de l’air pour une compagnie aérienne locale, il semble que ce soit lors d’un de ses déplacements en altitude que Marina rencontre son futur époux, qui lui colle rapidement deux chiards dans les pognes, avant qu’elle-même ne lui ruine tout bien la réputation, l’amour propre, voir qu’elle ne lui pisse franchement à la carrière lorsque le cocu triple platine se rend compte que sa femme donne pas le sein qu’à ses gosses. On peut comprendre, t’as beau être ouvert d’esprit, quand t’es d’un naturel timide, ton blase en maousse sur l’affiche de « Perversions très spéciales pour jeunes filles de bonne famille » (1981) ou « Colossale débauche pour femme frigide » (1985), c’est un truc faut le vivre pour savoir. Toujours est-il que c’est à cette période durant laquelle tu pouvais pas faire dix mètres entre la Piazza del Popolo et le Vatican sans qu’on te propose de te foutre à poil dans une sexy comédie avec Renzo Montagnani, que Marina décide de tâter un brin de l’artistique. S’en suit une pelletée de productions enchainées entre 1977 et 1987, alternant de toujours sympathiques apparitions de fond de casting – « On a demandé la main de ma sœur » (1976) de Fulci, « Starcrash, le choc des étoiles » (1978) de Cozzi, les aventures de l’inspecteur Nico Giraldi, incarné par un Tomás Milián déjà irrécupérable – avec le grand n’importe quoi D’Amato, type « Black Emanuelle en Amérique », top départ d’une honnête collaboration entre la blonde et le Massaccesi toujours prêt à donner un coup de main… Mais la suédoise tape aussi dans la comédie cul-cul, ainsi «La compagna di viaggio » (1980) de Ferdinando Baldi et son casting délirant, ou « La dottoressa di campagna » (1981) de Mario Bianchi, réalisateur nullissime au sujet duquel les mots nous       , mais fidèle collaborateur de la jolie bouclée. Sans insister plus qu’il ne convient sur sa carrière dans le domaine de la chose non simulée, il faut signaler que Marina fait partie des vedettes du genre au début des années 80, et qu’elle va à ce titre durablement marquer les esprits, tant érotomanes que tabloïds. Elle qui accéda au vedettariat sous le nom de son mari, va se coltiner un procès pas piqué des vers lorsque « Paulo » décidera que troppo c’est troppo, et que le nom de papa c’est sacré. Frajese mâle sera exaucé, mais en vain. La presse à scandale italienne (donc la presse italienne…) se réjouira à tel point de la situation, que malgré l’utilisation de nombreux pseudos tout au long de sa carrière, il sera bientôt impossible à quiconque un minimum attentif d’ignorer que Marina fut bel et bien Frajese; en long, en large et en travers… (Gemserographie : Emanuelle in America, Le notti porno nel mondo)

L.DeSelleLorraine De Selle : De son père français, Lorraine De Selle a très certainement hérité son coté casse-couilles. Car après tout, si nous ne sommes pas n’importe qui, admettons le, cela n’apparait pas forcément comme une évidence au commun des mortels n’ayant pas eu cette chance de naitre en hexagonie. Madame De Selle n’étant pas née en France mais en Italie, avouons que les lois de la génétique sont à n’y rien comprendre : « Je suis née à Milan, de père français et de mère australienne, j’y ai vécu pendant douze ans (…) Mon père travaillait dans l’industrie de la laine entre l’Australie et le nord de l’Italie. En 1968, quand mes parents sont décédés, j’ai déménagé en Australie et j’y suis restée jusqu’à l’âge de 23-24 ans. Après l’école, j’ai commencé à travailler pour un journal, puis pour un magazine comme critique télé, et c‘est comme ça que je suis entrée dans le monde du divertissement. Quand je suis revenue en Italie, j’ai essayé à nouveau d’être journaliste et j’ai été engagée par une agence de presse étrangère; mais c’était trop difficile, j’ai arrêté. Je suis devenue modèle, actrice, et après quelques années dans le milieu, j’ai mis en place ma propre société de production à Venise. Arrivée en Italie en ’74, le premier rôle (très modeste, bien sûr) que j’ai obtenu était dans « La Studentessa », un film réalisé par Fabio Piccioni en 1975 (…) Le métier d’actrice fut un choix involontaire. Ca m’a permis de gagner de l’argent et de découvrir le monde de la production, mais ce n’était pas ce que je voulais faire (…) Disons que c’était pour faire chauffer la marmite. » Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle va chauffer. Et à feu vif ! Dès 1976, la francostralienne multiplie les participations à de réjouissants objets filmiques estampillés Bis et Trash tels : « Emanuelle en Amérique », « KZ9 – Camp d’extermination », « Vacances pour un massacre », « La maison au fond du parc », « Cannibal Ferox » ainsi que le fameux diptyque carcéral « Pénitencier de femmes / Révolte au pénitencier de filles » du binôme Mattei-Fragasso. Mais Lorraine a bien d’autres projets en tête : « Un jour, Manuel De Sica me voyant dans « Storia senza parole », me dit: « Lorraine, il me semble que vous vous ennuyez … ». Je lui ai répondu qu’il avait peut-être raison, et c’est à ce moment là que j’ai compris qu’il était préférable de changer de boulot. » De fait, De Selle gère au mieux sa reconversion et devient en une dizaine d’années Lorraine De Selle Du Réal, respectable productrice (Junior Film International / Fidia Film, le tout affilié à la toute puissante Rai), mais aussi scénariste (« Une Australienne à Rome » en 1987, avec Nicole Kidman) et réalisatrice (« Hemingway a Venezia», toujours en ’87). Aujourd’hui, notre self made woman n’a malheureusement aucun souvenir de ses participations à « Pénitencier de femmes » et « Révolte au pénitencier de filles ». En revanche elle se remémore sans peine le déplorable impact d’ « Emanuelle en Amérique » sur sa réputation, le voyou D’Amato n’ayant pas hésité à caviarder le film d’inserts hard pour son exploitation à l’export : « J’étais très en colère parce qu’on m’a dit que j’avais tourné dans des films pornos, donc je suppose que quelqu’un, quelque part dans le monde m’a doublé. Cela m’a fait beaucoup de mal car s’il est vrai que je me déshabillais pour certains rôles, je n’ai jamais fait de porno de ma vie ! Pendant des années ça m’a suivi et je ne comprenais pas (…) C’est le seul de mes films qui m’a vraiment mis en rogne, parce qu’on a abusé de moi. » Il serait malhonnête de prétendre le contraire… (Gemserographie : Emanuelle in America, Violenza in un carcere femminile, Blade Violent – I violenti)

R.Lurh

Source interview : « Lorraine De Selle : Bella in Carriera » – Nocturno.it

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Les pastilles Bio de Raymond Lurh

Sans titreEnzo Bottesini : Né à Gênes en 1942, diplômé en Sciences Politiques, Enzo Bottesini semble bizarrement débuter sa carrière professionnelle comme expert de la mer et spécialiste de la plongée sous-marine pour le quotidien génois « Il Secolo XIX ». En 1973 le beau gosse fait un carton en participant à un jeu télévisé programmé par la Rai, une sorte de « Jeopardy » rital nommé « Rischiatutto », et décroche un contrat d’envoyé spécial et de commentateur sportif de la chose aquatique auprès des pontes de la chaine. Il reste par ailleurs – aujourd’hui encore ! – célèbre pour une altercation pas piquée des vers lors d’un direct : Alors que le champion Enzo Majorca tente de battre le record du monde de plongée en apnée devant le tout caméras international, Bottesini percute malencontreusement le plongeur lors de sa descente. Majorca remonte à la surface fou de rage, menace Bottesini et l’insulte devant une nuée de journalistes médusés. Les deux lascars finiront par se calmer et Bottesini par présenter ses excuses au malheureux, mais l’anecdote fit les choux gras de la presse italienne et demeure un classique de l’anecdote du fait sportif qui dérape. En parallèle à ses activités de « pourrisseur de record du monde », Enzo participe à quelques longs métrages entre 1974 et 1977. « Les sorciers de l’île aux singes » (1976) de Duccio Tessari avec Jack Palance, Giuliano Gemma et Ursula Andress ; « Le désert des Tartares » (1976) de Valerio Zurlini avec Vittorio Gassmann, Philippe Noiret, Giuliano Gemma et Jean-Louis Trintignant, ainsi que le lourdingue « Tentacules » (1977) d’Ovidio G. Assonitis avec John Houston et Henry Fonda. Il apparait aussi comme conseillé technique dans certains films … Acteur photogénique mais comédien « limité », Bottesini se range des voitures après ces quelques tentatives et revient à ses primes amours télévisuelles pour différentes chaines italiennes à partir de la deuxième moitié des années 70 jusqu’à la décennie 90, au début de laquelle il cofonde une station parlementaire diffusée par … la Rai. (Gemserographie : Amore libero – Free Love)

003004056Olga Bisera : Bombe sexuelle à la mâchoire de squale, Olga Bisera est de notre avis l’une des rares Divas pur jus du cinéma Bis italien; comprendre mégalomane, arriviste et complètement Rock N’ Roll … Certes, elle est avant tout connue des Bond maniaques pour son apparition dans le chouètos « L’espion qui m’aimait », mais Bisera a déjà roulé sa bosse pendant une dizaine d’années avant d’endosser les attributs de Felicca dans le film de Lewis Gilbert. Entre 1972 et 1978 on la voit dans une tripotée de bisseries ritales de qualité variable, à des postes de premier plan comme de fond de casting, mais le plus souvent aux côtés de cadors du genre qui ne peuvent qu’attirer l’attention du cinéphile déviant aux abois. Au compteur : « Elles sont dingues, ces nénettes » (1972) avec Rossana Podestà, « La vie sexuelle dans les prisons de femmes » (1973) et son casting de folie : Anita Strindberg, Jenny Tamburi, Paola Senatore, et l’Olga en gardienne vicelarde … « Un sussurro nel buio » (1976) avec John Phillip Law, qu’elle retrouve bientôt dans « L’occhio dietro la parete » (1977), Edwige « Lâche-moi les jarretelles » Fenech en 1977 et Barbara Bouchet dans l’obscure « Ancora una volta prima di lasciarci » daté 1973. Une filmographie somme toute limité quantitativement – une petite vingtaine de titres – mais qui, on en conviendra, a de quoi occuper un samedi soir en famille. Lors de ses rares interviews sur le sujet, Olga préfère néanmoins retenir de sa carrière cinématographique sa collaboration avec Sydney Pollack, Marcello Mastroianni, ou ses amitiés avec Delon; c’est son choix … (Gemserographie : Amore libero – Free Love)

Venantini-1966Venantino Venantini : En France Venantino c’est du Lautner à gogo (« Les Tontons flingueurs », « Galia », « Des pissenlits par la racine », « La Grande Sauterelle », « Il était une fois un flic », « Laisse aller, c’est une valse », « Flic ou Voyou » …), bien sûr du Gérard Oury top niveau (« Le Corniaud », « La folie des grandeurs » dans lequel on retrouve aussi son compatriote Gabriele Tinti, futur Mr Gemser à la ville, ainsi que l’actrice allemande Karin Schubert, une autre figure récurrente de la série Black Emanuelle … ), et puis Vadim, Christian-Jaque, Lelouch, Jean Yanne, Gérard Pirès … Philippe Clair ! En Italie Risi, Scola, Molinaro, Steno, mais aussi un putain de curriculum vitae de bisseux de sa race ! Outre son apparition éclair dans le génial « L’amour à cheval » (1968) de Pasquale Festa Campanile, et ses nombreuses participations à la Gemsermographie qui nous intéresse (« Amour libre », « Black Emanuelle », « Emmanuelle: L’antivierge », « La possédée du vice », « Emanuelle et les filles de Madame Claude »), on le remarque régulièrement dans certains classiques de l’international portnawak, comme « Le führer en folie » (1974) du susmentionné Philippe Clair, « L’humanoïde » (1979) d’Aldo Lado, « On est venu là pour s’éclater » (1979) de Max Pécas, « Les nouveaux barbares » (1983) de Castellari, « Les exterminateurs de l’an 3000 » de Carnimeo la même année, et puis « Les nuits chaudes de Cléopâtre » de Di Silvestro, sans oublier « Les aventures d’Hercule » du sympathique Luigi Cozzi, toujours en 1985. Avec pas loin de 200 films au compteur, Venantino Venantini a touché à peu près à tous les genres du cinéma Pop, sa carrière de comédien étant exemplaire de Cool et à même de satisfaire toutes les chapelles du domaine Bis (les Fulci « Frayeurs » et « La guerre des gangs » (1980), « Pulsions cannibales » (1980) et « Cannibal ferox » (1981) respectivement de Margheriti et Lenzi) comme les amateurs d’un cinéma plus … familial ? Soit ! Chez Roubi’s on garde un excellent souvenir de « Vanille Fraise » (1989). (Gemserographie : Amore libero – Free Love, Black Emanuelle, Emmanuelle 2, Black Emanuelle Orient Reportage, Emanuelle & the white slave trade)

01682405Angelo Infanti : Peu connu en France, Angelo Infanti doit une grande partie de sa popularité en Italie à sa collaboration avec l’acteur-réalisateur Carlo Verdone (vu récemment dans l’excellent « La grande bellezza ») et ses deux réalisation cultes en transalpie : « Bianco, rosso e Verdone  » (1981) et « Borotalco » (1982). Né en 1939 à Zagarolo, une petite ville située aux abords de Rome, Infanti fait ses classes en participant à quelques westerns (« 4 dollars de vengeance » (1966), « Ballade pour un pistolero » (1967), « Un homme nommé Sledge » (1970), « La loi à l’ouest du Pecos » (1971) avec Robert Hossein et Pierre Perret !), une poignée d’eurospy flicks (« New York appelle Superdragon » (1966), « Coup de force à Berlin » (1967), « La peau de torpedo » (1970) de Jean Delannoy …) et une ribambelle de comédies, fil rouge de sa filmographie. Dans le genre, l’esthète notera sa participation à trois films tournés en compagnie de son pote Bud Spencer, « Un flic hors-la-loi » (1973), « La grande bagarre » (1976) et « Pied-plat sur le Nil » en 1980 ; auxquels nous ajouterons le téléfilm « Padre Speranza », dirigé en 2005 par Ruggero Déodato – il est à noter que tous deux comptent à leur actif un « Il corsaro nero » homonyme, mais rien à voir … Cependant l’implication d’Infanti ne se limite pas au domaine du bon gros Bis (« SOS jaguar, opération casse gueule » en 1977 avec Lilli Carati), il entretient même une relation de franche camaraderie avec Francis Ford Coppola qui l’engage pour « Le parrain » en 1972, sa participation étant largement étoffée dans la minisérie qui découle du long métrage pour la télévision – En fait la version intégrale des deux premiers chapitres, comprenant de nombreuses scènes inédites et diffusée en 1984 sur Antenne 2 -, puis dans « Le retour de l’étalon noir » que le Cop’ produit en 1983. On retrouve par ailleurs son nom associé aux remerciements de la production du film « Somewhere » (2010), réalisé par Coppola fille mais dont Coppola père est un des producteurs exécutifs. Toujours dans le registre du haut niveau de compétences exigé, nous évoquerons entre autres « Le rendez-vous » (1969) de Sidney Lumet, « La rupture » (1970) de Chabrol, « Toute une vie » (1974) – qui pourrait bien être le seul grand film de Lelouch, et dans lequel on croise aussi V.Venantini et G.Tinti -, « Cosa Nostra » (1972) de Terence Young … Contrairement à ce qu’indiquent de nombreux sites italiens, Infanti n’a jamais tourné dans un Black Emanuelle réalisé par D’Amato. Ni même dans aucun de ses films ! En revanche il compte bien deux Gemser à son actif : « Black Emanuelle en Afrique » (1975) de Bitto Albertini – et ses fameux inserts hardcore qu’ont bien dû faire plaisir à tout le monde ! Comme quoi D’Amato n’est pas la seule crapule dans l’histoire, lui qui n’a jamais impliqué Gemser à ce genre de scène … – et le pas si mal « Les sept salopards » (1982) de Bruno Fontana, à nouveau accompagné du binôme Gemser/Tinti. A partir de 1987 Infanti va tourner quasi-exclusivement pour la télévision … Il décède d’un arrêt cardiaque en 2010. (Gemserographie : Black Emanuelle, The dirty seven)

R.Lurh